Régime sucrier de l’UE

Dans une décision de 2005, l’OMC enjoignait l’UE de baisser de près de 5 millions de tonnes ses exportations de sucre, car le sucre subventionné qu’elle déversait sur le marché mondial faisait baisser artificiellement les prix. L’UE, qui était jusque-là le deuxième exportateur mondial de sucre, s’est vue contrainte de modifier fondamentalement sa politique sucrière. Elle a dès lors pris les mesures suivantes:

  • baisse de 39,7% des prix des betteraves et de 36% des prix du sucre
  • réduction de la production betteravière avec l’appui d’un fonds structurel
  • compensation partielle des pertes de revenus des betteraviers.

Après trois ans, cette réforme du régime sucrier a déjà produit des conséquences : la surface cultivée dans l’UE a reculé de 32% (700 000 hectares) et sur 186 sucreries, 80 ont du fermer leurs portes. Le nombre de betteraviers a chuté de 45% et cinq pays ont même totalement renoncé à la production sucrière.

Ces mesures ont eu pour effet que l’UE est aujourd’hui un importateur net de sucre. Ayant pour objectifs d’augmenter à nouveau son auto-approvisionnement et améliorer la compétitivité, l’UE a décidé d’abolir les quotas de production par pays, ainsi que les limitations des exportations dès 2017. La production a déjà été augmentée durant la période qui précède l’abolition des quotas. Quelques pays soutiennent la culture de betteraves sucrières avec des contributions.

Accord double zéro avec l’UE

Les accords bilatéraux avec l’UE (Bilex II) rendent l’économie sucrière suisse directement dépendante de son homologue européenne. L’accord double zéro stipule que le sucre transformé qui est négocié entre la Suisse et l’UE ne peut être soumis ni à des entraves à l’importation, ni à des aides à l’exportation.Afin de ne pas pénaliser les exportations des industries suisses  de fabrication de denrées alimentaires et de maintenir les volumes de sucre suisse, le prix du sucre indigène doit se situer au même niveau que celui de l’UE. Ainsi, la politique sucrière européenne influe directement sur le régime suisse en la matière. Pour compenser partiellement la baisse des prix, qui ont chuté d’un bon tiers jusqu’en 2009, des subventions sont versées depuis 2006 sous forme de contributions à la surface spécifiques à la culture betteravière.

 
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